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Acheter un logement sans CDI : indépendant, intérimaire, en CDD

Les grilles bancaires sont calées sur le contrat à durée indéterminée. Tout ce qui s'en écarte — indépendance, intérim, CDD, intermittence — devient un dossier à défendre, même avec de bons revenus. Voici comment le défendre, et quoi faire si ça ne suffit pas.

Un chef d'entreprise qui dégage 70 000 € par an peut se voir refuser un prêt qu'un salarié à 32 000 € obtiendra sans discussion. Ce n'est pas une question de solvabilité, c'est une question de format : la grille bancaire mesure la prévisibilité, pas la performance.

Comprendre cette logique permet de préparer un dossier qui parle le langage attendu — ou de constater qu'aucun dossier ne passera, et d'aller voir ailleurs.

Ce qu'une banque demande, profil par profil

Les exigences varient, mais elles convergent vers une même idée : démontrer une antériorité et une régularité.

  • Indépendant, gérant, profession libérale : deux à trois exercices comptables complets, bénéficiaires et stables. Une baisse récente, même conjoncturelle, bloque le dossier.
  • CDD à répétition : une continuité d'emploi sur au moins deux ans, sans trou significatif, dans le même secteur.
  • Intérim : souvent trois ans d'ancienneté dans la même agence ou le même secteur, avec un revenu moyen calculé sur cette période.
  • Intermittent du spectacle : plusieurs années de renouvellement d'ouverture de droits, et un revenu annuel moyen retenu prudemment.

Comment se calcule le revenu retenu

C'est le point que la plupart des candidats découvrent trop tard. La banque ne retient pas le meilleur exercice, ni le dernier : elle retient une moyenne, souvent sur trois ans, et applique parfois une décote.

Un indépendant ayant réalisé 40 000 €, 60 000 € puis 80 000 € de revenus verra fréquemment retenir une moyenne autour de 60 000 €, et non les 80 000 € de la dernière année. La capacité d'emprunt s'en trouve réduite d'un tiers.

Le levier le plus efficace, et il est comptable

Beaucoup d'indépendants optimisent leur rémunération à la baisse pour réduire l'impôt. Deux exercices déclarés plus haut, avant de déposer un dossier, valent souvent mieux que n'importe quelle négociation avec le banquier.

Ce qui améliore un dossier sans CDI

Quatre éléments pèsent lourd et sont à réunir avant le premier rendez-vous.

  • Un apport supérieur à la moyenne : il compense directement le risque perçu.
  • Une épargne de précaution intacte après l'opération, idéalement six à douze mois de charges.
  • Des comptes professionnels et personnels tenus, sans découvert sur au moins douze mois.
  • Un courtier qui connaît les établissements travaillant réellement ces profils — ils existent, mais ils ne sont pas les plus visibles.

Quand la porte reste fermée

Certaines situations ne passeront pas, quelle que soit la qualité du dossier : une activité créée il y a dix-huit mois, une reconversion récente, une succession de missions dans des secteurs différents.

La vente à terme change alors la nature de l'évaluation. Ce n'est plus un algorithme qui décide, c'est une personne. Un vendeur peut parfaitement considérer qu'un artisan installé depuis deux ans, avec un carnet de commandes rempli, présente moins de risque qu'un salarié dans une entreprise qui licencie. Il n'a aucune grille à respecter.

Ce que le vendeur va vous demander

Cette liberté n'est pas de la naïveté. Un vendeur qui accepte d'être payé sur quinze ans cherche à se rassurer, et il le fera à sa manière — plus humaine, mais pas moins exigeante.

Préparez de quoi montrer la régularité de votre activité : bilans, relevés, contrats en cours, références. Et acceptez de discuter des garanties, qui sont ici votre meilleur argument.

  • Un bouquet significatif, qui démontre une capacité d'épargne effective.
  • Une caution solidaire d'un proche, particulièrement convaincante pour un jeune indépendant.
  • Un dépôt de garantie de quelques mensualités, séquestré chez le notaire.
  • Une assurance décès-invalidité souscrite volontairement, qui protège le vendeur comme votre famille.

Le point d'attention propre aux revenus irréguliers

Une mensualité de vente à terme est due tous les mois, sans exception, y compris pendant un trimestre creux. Il n'existe pas de report d'échéance comme une banque peut en accorder, sauf si l'acte le prévoit expressément.

C'est un point à négocier dès le départ, et il est légitime : une clause autorisant le report d'une ou deux échéances par an, avec régularisation, sécurise l'acquéreur sans léser le vendeur. Sans cette clause, un revenu irrégulier face à une charge fixe crée un risque réel.

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